VIKTOR FRANKL – « Man’s Search for Meaning »

EDITION 3

UN SENS AU BONHEUR

En ces temps particuliers, nombre d’entre nous ont vu leurs habitudes être bousculées par les mesures exceptionnelles qui s’imposent à tous, pour tous. Si chacun tente de s’adapter du mieux qu’il peut à la situation, certains le vivent moins bien que d’autres, au point où bien-être et bonheur deviennent des mots qui peuvent perdre leur saveur. 

Dès lors, une question s’impose à moi : jusqu’où bien-être et bonheur sont-ils déterminés par des conditions extérieures (par exemple pandémie et confinement) ? Coincés entre un déterminisme biologique ou social, il peut être intéressant pour les étudiants que nous sommes d’examiner la question pour tenter de retrouver un semblant de liberté et de motivation dans ces conditions compliquées.

La vie et l’œuvre de Viktor E. Frankl (1905-1997) donne une excellente réponse à cette question. Ici, je me sers de son livre « Man’s Search for Meaning » pour illustrer son propos en quelques grandes idées.

Psychiatre et neurologue, il est déporté à Auschwitz avec sa famille lorsque les Nazis s’emparent de l’Autriche en 1943. Il sortira après 3ans de famine, de travail forcé et de violence. Il va développer la logothérapie et sa théorie du « sens de la vie » à partir de son expérience des conditions de vie inhumaines des camps de concentration.

Dans l’approche thérapeutique de Frankl, l’humain est animé d’une motivation primaire qui l’oriente vers le sens de sa vie. Il s’écarte ainsi de l’étiologie sexuelle des névroses et du concept de libido. L’homme n’est plus le jouet de ses pulsions, il peut choisir librement son attitude face à ses conditions extérieures et intérieures. Il substitue de ce fait l’inconscient sexuel de Freud par un inconscient d’essence spirituelle.

1. « On peut tout enlever à un homme excepté une chose, la dernière des libertés humaines : celle de décider de sa conduite, quelles que soient les circonstances dans lesquelles il se trouve »

Peu importe la qualité de nos conditions de vie, Frankl affirme que l’on choisit toujours notre attitude face aux défis que nous pose l’existence. Le pouvoir de contrôler et modifier son comportement face à une situation appartient toujours à l’individu. La liberté et la croissance se trouvent dans cet espace « entre stimulus et réponse ». Même lorsque la situation est désespérée, l’humain peut choisir de « porter sa croix » avec dignité. Il s’agit d’un devoir de responsabilité (responsability en anglais). Autrement dit, il s’agit de renouer contact avec sa « capacité de répondre à » (response-ability).

2. « La santé mentale est fondée sur un certain degré de tension entre ce que nous avons déjà réalisé et ce qui nous reste à réaliser, ou sur la différence entre ce qu’on est et ce qu’on devrait être ».     

Pour vivre pleinement, l’existence doit être tournée vers l’avenir afin de saisir les opportunités qui se présentent dans le présent. Lorsque cet écart entre le moi optimal et actuel se creuse, une frustration existentielle s’installe et l’absence de sens peut alors nuire à la motivation. L’existence ne cesse de fournir des opportunités de donner du sens à ce que l’on fait si l’on refuse de se morfondre dans des pensées rétrospectives : à nous de transformer notre regard !

3. « Celui qui a un pourquoi qui lui tient lieu de but, de finalité, peut vivre avec n’importe quel comment. » – Nietzsche.

On pourrait croire que les prisonniers qui s’en sortaient le mieux étaient de meilleure constitution, qu’ils étaient plus résistants, mais Frankl remarqua un fait surprenant : les prisonniers dépourvus d’espoir tombaient en premier. Alors qu’une épidémie de typhus avait frappé son camp, un camarade lui raconta qu’il avait fait un rêve dans lequel la date de libération lui avait été révélée. Alors que la date se rapprochait sans nouvelles rassurantes du front, il devint fiévreux et commença à délirer. Il succomba au typhus à la date que son rêve lui avait indiqué. L’immunité du corps du camarade de Frankl avait cessé de combattre la maladie qu’il portait en lui dès lors que son espoir était anéanti. Notre santé physique repose en amont sur notre santé mentale. 

4. « Au lieu de se demander si la vie avait un sens, il fallait s’imaginer que c’était à nous de donner un sens à la vie à chaque jour et à chaque heure. Nous devions le réaliser non par des mots et des méditations, mais par de bonnes actions, une bonne conduite. Notre responsabilité dans la vie consiste à trouver les bonnes réponses aux problèmes qu’elle nous pose et à nous acquitter honnêtement des tâches qu’elle nous assigne. »

Il en résulte que la « poursuite du bonheur » dans l’attente d’une plénitude est une illusion. On ne peut faire le choix conscient du bonheur, voilà pourquoi il est futile d’en faire un but. On a besoin d’une raison au bonheur, au même titre qu’un rire nécessite une blague. Une fois cette raison trouvée, le bonheur devient automatique. Frankl estime qu’il existe trois manières d’acquérir du sens, à savoir : dans le dévouement à une tâche (Travail), dans l’affection pour quelqu’un ou quelque chose (Amour) et dans le courage face à l’adversité et la souffrance.

Ainsi, même si notre nouveau quotidien nous entrave, il est toujours possible d’en faire quelque chose de sensé et d’enrichissant. Il s’agit là encore d’une opportunité pour certains, et d’une épreuve pour d’autres. Tant qu’il reste de l’espoir dans le regard, un sens est possible, même dans l’absurde.

F. Sascha

LE MAL-ÊTRE NOUS VA SI BIEN *

EDITION 3

Voici le Soma2, une pilule miracle qui vous fera sentir extrêmement bien. Un bien-être instantané qui vous fera oublier tous vos soucis. Qui n’a jamais eu ce sentiment d’apaisement extrême où on se sent simplement bien ?  On a tous certainement déjà ressenti ce sentiment de volatilité qui nous entoure de ses bras et qui nous fait croire que tout va « bien dans le meilleur des mondes »3. On veut se sentir bien, apaisé, calmé, relaxé, sans problème, sans stress, sans mauvaise pensée, et plein d’autres mot que l’on peut rapporter à un état de bien-être. Mais qu’est-ce que le bien-être ? Une question qui aura autant de réponse différente que d’être humain à mon sens et sans m’étaler sur le sujet, je spécifierai simplement que le bien-être est un état où l’on se sent bien, où on est heureux et le plus important de tous où on a du plaisir. À l’opposé se trouvant le mal-être incluant le malheur et la tristesse.  On aimerait tous bien sûr avoir du soma comme dans « Brave New World » d’Aldous Huxley, surtout en ces temps anxiogènes de confinement, ou encore vivre dans l’opulence comme un baron dans un château au nom affreux4. Qui ne s’est jamais laissé tenter par son imagination et s’est mis à rêver d’une richesse qui lui permettrait d’avoir tout ce qu’il voulait et de se sentir bien ? Mais est-ce que l’on veut vraiment se sentir bien ? Se sentir bien tout le temps ? Veut-on vraiment le bien-être ? Que serait-on prêt à faire pour atteindre ce bien-être ? 

Cette quête du bien-être est omniprésente que ce soit dans la vraie vie ou bien dans les romans, ou tout autre divertissement. Les histoires – écrites ou orales – reprennent souvent cette thématique. Les contes féeriques par exemple – des histoires qui se répètent depuis des générations – se terminent par « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants ». On s’imaginerait donc presque que notre propre histoire tendrait vers le bonheur et accessoirement à avoir beaucoup d’enfants. De même pour les films qui pour la plupart se terminent en happy end comme si tout se résolvait après un moment où tout va mal. Au théâtre, plus précisément dans les tragédies de l’antiquité, on finit en hécatombe.

Comme si – bien sûr d’autres interprétations sont possibles – la mort est la seule solution pour régler le chaos, pour retourner à un état où tout allait bien. Par ailleurs, on pourrait rétorquer qu’il n’y a pas lieu d’avoir une histoire où tout va bien. Ce serait bien-sûr assez ennuyeux de regarder un Tony Stark en train de gérer son business d’armes. Il serait ennuyant de lire une Alice[1] qui vaque à ses occupations de petite fille sans monde imaginaire. 

Donc le mal-être et le malheur sont bien plus utiles que le bien-être ou le bonheur. Il n’y a pas d’histoire sans un malheur qui vient faire effraction dans le quotidien. Dans la plupart des histoires, c’est seulement après un événement que l’on pourrait qualifier de malheureux que le héros se trouve changé pour le plus grand bien. Tony Stark[1], c’est à la suite d’une grande catastrophe qu’il devient Iron Man. Tous les héros depuis la mythologie jusqu’à nos jours doivent passer par un événement malheureux où ils sont en proie aux doutes, à la tristesse, à la confusion, au mal-être et c’est après cet événement qu’ils se retrouvent changés ; le plus souvent en mieux qu’en pis. Dans cette perspective, on pourrait même dire que le malheur dans lequel on est maintenant est pour notre mieux. On sera meilleur qu’avant. 

Ainsi j’ajouterais que l’humain en général veut être meilleur, à la curiosité de découvrir la vie et pour avoir un changement, une maturation, il faut un événement marquant qui questionne. De ce fait, personne ne désire se sentir bien pour longtemps puisque c’est un événement tragique qui permet d’atteindre le meilleur de nous-même. Dès lors on cherche ou on cause nos propres problèmes s’ils ne viennent pas d’eux-mêmes. Il y a des exemples à gogo de protagonistes qui ont tout pour se sentir bien mais tout de même veulent vivre une aventure, qui veulent quelque chose qui brise la tranquillité de la vie. Sherlock Holmes[1], grand maître de la déduction, en est l’exemple parfait. Il est intelligent, observateur, fort, charismatique selon les dires de Watson et pourrait devenir un éminent philosophe ou scientifique selon Mycroft, son frère. Nous pourrions dire qu’il ne manque de rien pour vivre une vie de succès et paisible comme son némésis : Moriarty.

Pourtant, dans les livres de Conan Doyle, même dans les séries, ainsi que les moultes films qui mettent en scène ses aventures, il ne cesse de se plaindre de son ennui et du manque de crime. Il ne cherche pas à avoir une vie paisible ni le bien-être mais plutôt quelque chose – un crime des plus horrible – qui puisse faire effraction dans ce que d’autres pourraient désirer comme vie. N’ayant pas cette effraction d’un événement souvent qualifié d’épouvantable, Holmes s’adonne souvent à la cocaïne alors que son médecin et son plus proche ami – Watson – le déconseille fortement. 

On a certainement tous un événement, une histoire où on a cherché consciemment ou inconsciemment les problèmes. Pensez à un moment où vous n’aviez pas de problème, où tout allait bien pour vous et ensuite vous avez entrepris de faire quelque chose qui a mal tourné. Peut-être qu’il y avait une meilleure option mais vous avez tout de même décider de continuer sur votre choix. Peut-être que vous saviez que c’était voué à l’échec mais vous avez tout de même choisi de mettre tout en œuvre jusqu’à vous rendre compte que c’était voué à l’échec depuis le début. La tranquillité d’une vie paisible, le choix de ne rien faire nous dérange et il faut qu’il y ait effraction pour que l’on puisse prendre du plaisir. Nous voulons notre malheur quitte à le causer nous-même. 

Et on arrive au point final qui est que le plaisir d’une vie paisible, le bonheur, le bien-être n’existent que parce que l’on peut aussi avoir l’opposé. Ce n’est le bien-être qui nous fait sentir bien mais plutôt le mal-être. Ce n’est pas le bonheur qui nous rend heureux mais plutôt le malheur. C’est une vie agitée qui fait que l’on prend plaisir à une vie paisible. Ce n’est ni une drogue, ni toute la richesse du monde qui nous fera nous sentir bien mais le calme issu du malheur. En cette période de corona, nous sommes tous anxieux, nous sommes stressés, nous sommes face à l’inconnu qui peut nous faire peur. C’est tout à fait naturel. Mais le plaisir, le calme, la joie qui s’ensuivra fera certainement partie des plus heureuse de notre vie. Je vous propose en conclusion une modification de la phrase qu’oncle Ben disait à Peter Parker : 

« Un grand bien-être implique toujours un grand malheur »

G. Fatih

Notes

* Titre modifié du film fantastique « La mort vous va si bien » de Robert Zemeckis où deux femmes essaient de s’entretuer. 

2. Soma, une pilule utilisée dans le monde dystopique qu’Aldous Huxley met en scène dans son roman « Brave New World » pour que tout le monde se sentent bien mais qui le but politique est d’uniformiser les pensées et que personne ne révolte.

3. Pangloss prononce ces mots dans « Candide » de Voltaire. Pangloss incarnant Leibnitz qui a proposé la théorie de l’optimisme qui est critiqué par Voltaire. 

4. Dans « Candide », le château où vit Pangloss est le château de Thunder-ten-tronckh.

5. Personnage issu du roman « Alice aux pays des merveilles » de Lewis Carroll. Elle voyage à travers le pays des merveilles, un monde imaginaire où elle va rencontrer différents personnages surréalistes.

6. Super-héros de l’univers cinématographique Marvel (Avengers, Captain America, Spiderman, etc.). C’est un richissime vendeur d’arme de haute technologie qui à la suite d’un accident se remet en question et devient Iron Man.

7. Célèbre détective créé par l’écrivain Conan Doyle. Sherlock Holmes doué d’un sens de l’observation hors normes et d’une grande intelligence se met au service de la justice juste pour le plaisir de résoudre des énigmes. 

8. Dr. John Watson est celui qui épaule et qui est aussi le plus proche – si ce n’est le seul – ami de Sherlock Holmes.

9. Mycroft Holmes qui possède les mêmes talents que son frère Sherlock Holmes mais qui les mets au service du gouvernement anglais et de Majesté la Reine.

10. Pr. James Moriarty considéré comme « le Napoléon du crime » est le némésis de Sherlock Holmes. Il possède de même une intelligence hors normes qu’il utilise pour la gloire et la richesse.

11. Personnage dans Spiderman de l’univers cinématographique Marvel qui la mort marqua à tous jamais le destin de Peter Parker. Il prononça à Peter Parker la phrase suivante : « Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » quelques heures avant de mourir.

12. Peter Parker, un adolescent qui devient Spiderman à la suite d’une morsure d’araignée génétiquement modifié

COMMENT L’ART PEUT AMÉLIORER LE BIEN-ÊTRE

EDITION 3

Dans cet article, je vais essayer de développer ce que l’art peut apporter au bien-être et à la santé en général. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) s’est d’ailleurs penchée sur l’impact qu’auraient les activités artistiques et culturelles sur la santé. Ce qu’on entend par art sont les catégories suivantes : la culture (musée, concert, théâtre), la littérature (écriture, lecture), les arts visuels (peinture, photo, design), les arts de la scène (chant, musique, danse, cinéma) et les arts en ligne.

Si on prend l’exemple de l’écriture et notamment de l’écriture expressive, une étude faite sur des étudiant.e.s universitaires (ça tombe bien, non ?) a démontré que le simple fait d’écrire sur ses émotions pourrait être une méthode rapide et rentable pour améliorer le bien-être psychologique de ceux et celles qui présentent de multiples facteurs de risque de mauvaise santé mentale. Saviez-vous aussi que même gribouiller peut être bénéfique ? En effet, une étude a affirmé que les personnes qui gribouillent dans le cahier pendant les réunions retiendraient 29% d’informations en plus que les autres (vous savez maintenant ce qu’il faut faire quand vous écoutez un cours ou un podcast). 

Si on prend un autre exemple, comme l’art thérapie, une recherche effectuée en Irlande du Nord dans le cadre d’un programme de rétablissement soutenu a montré que le cours d’art comme thérapie a été crédité d’améliorations de l’estime de soi ainsi que de la confiance en soi. Les participants ont décrit le programme comme étant cathartique et un tremplin pour s’engager dans un large éventail de projets futurs. Il est conclu que ce type de projet, qui aborde les questions de santé mentale dans un environnement positif, non clinique et favorable, peut encourager et faciliter l’autonomisation et le rétablissement grâce à des programmes créatifs accessibles.

Je n’ai pris que deux exemples parmi toute une cartographie de ce qui est considéré comme de l’art. Mais chacun et chacune d’entre nous peut trouver quelque chose à faire pour améliorer son bien-être ou sa santé en général. Que ce soit le fait de garder un bullet journal (si on regarde rapidement sur internet, beaucoup peuvent vraiment être considéré comme de l’art vu les dessins et designs que certain.e.s savent faire), la composition de musique, le chant ou la danse, que vous soyez doué.e ou moins doué.e, cela n’a pas de grande importance si la sensation que cette activité vous procure vous fait du bien, vous fait sourire ou vous rend vraiment heureux.se.

Tout cela annonce la fin de cet article mais pour finir, voici une liste non exhaustive de choses à faire qui pourrait aider à améliorer votre bien-être et qui peut aussi vous occuper durant ces temps difficile : cuisiner (j’en suis à mon cinquième tiramisu), tricoter (j’ai fait un très beau plaide rouge), lire le manga « My Hero Academia » (et regarder l’animé aussi), franchement vous n’allez pas être déçu.e, colorier (mais ne pas voler les dessins d’école de vos frères et sœurs, ça risque de crier).

T. Deniz

COMMENT CULTIVER LE BIEN-ÊTRE

EDITION 3

Maintenant que nous avons bien compris ce qu’est le bien-être, il va de soi que nous nous demandions comment implémenter ou cultiver le bien-être dans nos vies de tous les jours. Étant quelqu’un qui a beaucoup souffert d’anxiété, je suis souvent arrivée au point de me demander s’il était concrètement possible d’être heureux, et si oui, comment faire pour maintenir cet état de bien-être.

La première réalité à laquelle j’ai dû faire face, est que rien n’est permanent, tout est temporaire, et quel que soit l’état dans lequel vous êtes aujourd’hui, que ce soit positif ou négatif, ces émotions ne seront pas constantes. Je me suis donc rendu compte qu’il était impossible de chercher à être constamment heureux. La deuxième, est que tout ne dépendait que de nous-même. Nous devons sortir de nos zones de confort et agir, mettre tout en œuvre pour se sentir mieux et surtout, ne pas mettre notre bien-être dans les mains des autres. Ces deux constats à l’esprit, je me suis mise à essayer plusieurs habitudes que j’ai pu trouver sur internet, en assistant à des conférences, ou simplement des astuces partagées par des amis.

Voici celles qui ont été le plus efficace pour moi :

1. Vivre le moment présent

C’est le fait d’être présent et conscient des moments que vous vivez. Combien de fois ne me suis-je pas surprise en train de penser au futur ou au passé, laissant l’instant présent m’échapper ? Beaucoup trop. Sans y croire vraiment, j’ai commencé à faire de la méditation 3 fois par semaine, et à être reconnaissante tous les jours. J’écrivais dans mon journal 5 choses pour lesquelles j’étais reconnaissante chaque jour. Peu de temps après, j’ai commencé à remarquer les bienfaits dont je bénéficiais au quotidien : j’avais commencé à prendre le temps d’être reconnaissante, de méditer et de vivre pleinement ces instants. Cultiver la gratitude, la curiosité et la méditation quotidiennement vous aiderons à cultiver votre bien-être j’en suis certaine. 

2. Soyez vous-même

Nous avons souvent tendance à nous plier aux exigences du monde extérieur pour être acceptés, trouver sa place ou simplement parce que nous pensons que nous ne méritons pas d’être aimés ou appréciés à notre juste valeur. Ce fut mon cas pendant plusieurs années, je ne pensais pas mériter l’attention de qui que ce soit, alors j’endossais un masque sans même plus m’en rendre compte. Avec le temps, je dois l’avouer, je n’étais pas heureuse. J’ai donc su que je devais être moi-même et tant pis pour celui à qui cela déplaisait, tant que je ne fais de mal à personne volontairement. J’ai commencé à m’aimer moi-même, à me pardonner et à prendre mes responsabilités, et ce fut le début d’un énorme changement. Faire la paix avec moi-même m’a apporté un niveau de sérénité que je n’avais pas encore connu jusque-là, je me sentais simplement bien, heureuse avec moi-même. Vous pouvez faire une liste de vos qualités et vos défauts et déconstruire chaque terme de cette liste pour mieux comprendre qui vous êtes, pourquoi vous êtes comme cela et apprécier chaque trait de votre personnalité à sa juste valeur.

3. Un esprit sain dans un corps sain

 Je pense que vous avez entendu ce conseil des centaines de fois, mais je me permets de le répéter ici. Changer mon alimentation et mon style de vie a été une des meilleures décisions que j’ai pu prendre ces dernières années. Je suis passée de la fidèle abonnée Uber eats à la bobo parisienne par excellence, mais je suis aussi passée d’une fatigue physique et mentale constante à laquelle je remédiais par 6 cafés et un Red bull par jour, à être pleine d’énergie constamment. Dormez assez, et à des heures régulières, bougez tous les jours, et mangez équilibré. Rien de nouveau mais je pense que c’est important de le rappeler.

4. Cultivez votre spiritualité

Que vous soyez croyant ou non, vous pouvez implémenter de la spiritualité dans votre quotidien. Une amie m’a dit une fois que la spiritualité est une source d’alimentation abstraite, à l’image du ciel, infini et beau peu importe le climat. Personnellement, je l’associe au cœur car à mon sens c’est le siège de l’âme, mais c’est également le symbole même de l’amour et de la tendresse qui pour moi sont les fondements de la spiritualité. Elle repose sur un ressenti profond, l’expression d’un amour Inconditionnel et Universel, qui nous permet de vivre la vie sereinement et d’expérimenter un réel bien-être. La spiritualité permet également d’apporter un sens à la vie. Pourquoi sommes-nous ce que nous sommes, des êtres fait de chair et de sang, dotés de cet esprit surprenant ? Quel est le but de notre existence. Répondre à ces questions et m’y rattacher m’a permis de voir plus clair dans les moments les plus sombres de ma vie.

5. Entourez-vous des bonnes personnes

Qu’est-ce qu’une bonne personne concrètement ? Pour répondre à cette question, il me faut bien plus qu’un article, mais je peux tout de même pointer ici quelques caractéristiques qui se rapprocheraient d’une personne qui serait bonne à nos côtés. J’ai eu la chance de pouvoir trouver dans mon entourage des personnes de confiance, bienveillantes et inspirantes qui m’ont toujours poussé à donner le meilleur de moi-même. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Comment faire lorsqu’une personne au comportement toxique vient à partager notre quotidien ? Au lieu de chercher à les remplacer par des personnes plus positives, vous pouvez accepter leur présence dans votre vie, ainsi que le fait qu’elles ne joueront pas le rôle de ‘supporter’. Vous ne pouvez pas contrôler comment les gens agissent avec vous, ou ce qu’ils vous disent, mais vous pouvez décider de l’importance que vous allez leur accorder dans votre vie, ainsi qu’à leurs propos, et leurs actions.

6. Lâcher prise

Savoir lâcher prise c’est accepter ses limites, en s’épargnant les pensées parasites et en évitant de se mettre une pression inutile. Les pensées parasites englobent tout ce qui vous empêche en quelques sortes de vous rattacher au moment présent, toutes les inquiétudes ou les regrets qui viennent parasiter votre esprit. Pour ma part, j’essaye maintenant de prendre chaque jour comme il vient en me fixant un objectif réalisable par jour et par semaine. Je me suis également mise à la visualisation. Fermez les yeux, détendez-vous et concentrez-vous quelques instants sur votre respiration abdominale. Imaginez votre ventre qui se gonfle puis se dégonfle au rythme de votre respiration. Maintenant que vous avez atteint un état plus serein, visualisez ou imaginez positivement la situation qui a provoqué en vous ce mal-être. Soyez à l’écoute de votre corps et de vos sensations. Une fois que vous êtes dans un état plus serein, rouvrez les yeux.

A l’image d’un cercle vertueux, ces habitudes et pleins d’autres que je n’ai pas citées, peuvent vous procurer un véritable sentiment de bien-être lorsqu’elles sont pratiquées régulièrement. Je vous invite à partager avec nous sur notre compte instagram Bepsyel_ulb ce qui vous aide à cultiver votre bien-être tous les jours, ainsi que ce qui vous aide à vivre une vie heureuse en nous taguant ou en nous envoyant un message privé ! Vous pouvez également choisir une des astuces ci-dessus et l’appliquer pendant une vingtaine de jours, et nous parler ensuite du résultat 😉

K. Merry

LE BIEN-ÊTRE, A VOCATION UNIVERSELLE ?

EDITION 3

TENTATIVE DE DEFINITION

Qu’est-ce que le bien-être ? Comment le définir ?

Selon un dictionnaire le bien-être est une : « Sensation agréable procurée par la satisfaction de besoins physiques, l’absence de tensions psychologiques. »   C’est une définition fort vague, vous en conviendrez. Pour nous aider dans nos recherches, allons voir la définition de son antagoniste : le mal-être. Celui-ci est défini comme étant : « L’état d’une personne qui ne se sent pas bien » ou encore « L’état d’une personne qui est mal dans la société, qui n’y trouve pas sa place ». 

Attardons-nous d’abord sur un premier point. Ces deux définitions s’accordent pour définir le mal-être comme s’agissant d’un « état ». L’état est défini comme : « Une manière d’être, considérée dans ce qu’elle a de durable. »  

Le mal-être a donc une vocation de durabilité. Qu’en est-il du bien-être ? La « sensation », citée dans la définition du bien-être, est définie comme un « état psychologique. » 

Le bien-être et le mal-être s’accordent pour se définir en tant qu’ « état ». Il ne s’agit pas de brefs instants, mais bien de périodes plus ou moins longues et stables. Néanmoins, une question se pose. Les multiples situations sociales dans lesquelles nous nous trouvons, chaque jour, nous imposent de moduler notre comportement. Le concept de « Monitorage de Soi », en psychologie sociale, est défini comme « la tendance à régler son comportement en fonction de la situation et des réactions d’autrui. »  Il s’agit d’une « tendance spontanée, et en grande partie inconsciente, à ajuster notre comportement à des demandes sociales implicites. » 

Est-il alors possible de conjuguer le bien-être avec le devoir-être de la vie quotidienne ? Pouvons-nous qualifier le bien-être comme un état psychologique stable ? 

En deuxième point, je voudrais revenir sur la seconde définition du mal-être : « L’état d’une personne qui est mal dans la société, qui n’y trouve pas sa place. » 

Qu’est-ce qu’une société ?

Une société est définie comme étant « des relations entre des personnes qui ont ou qui mettent quelque chose en commun » ou encore comme « un groupe d’individus ». 

Le mal-être serait-il alors inhérent à la présence de nos semblables ? Et si l’individu se trouvait seul, pourrait-il le ressentir ? Il n’aurait plus besoin de trouver sa place parmi les autres. Et si le mal-être était causé par un devoir-être exacerbé, pourrait-on en dire autant du bien être ? 

Comme disait Guy Bedos : « L’enfer c’est les autres, le paradis aussi. »

LE BIEN-ÊTRE HORS DU MONDE

Si je devais résumer mon avis sur la question, je dirais que le bien-être est quelque chose de personnel, contrairement au dictionnaire qui en donne une version universelle.

Le bien-être résulte d’un travail intérieur que chacun réalise au fil des ans. Notre conscience, notre âme, c’est notre maison. Le bien-être permet d’en prendre soin, de l’entretenir. A l’image du sommeil réparateur pour notre organisme, le bien-être est le sommeil de l’âme. Il nous soulage, il nous apaise dans un univers qui n’est ni dimensionné par le temps, ni par l’espace. Quand nous embrassons le bien-être, le temps ne signifie plus rien. Demain n’arrive jamais et hier n’existait pas. Nous sommes ce que nous faisons, que ce soit une activité ou un instant de répit. Le sable continue de s’écouler dans le sablier d’un espace qui ne nous appartient plus. Des portes s’ouvrent et les pensées n’existent plus. Le bien-être ce n’est pas penser que l’on est heureux, le bien-être c’est oublier que l’on pense pour mieux exister. Grâce à lui, on se retrouve après s’être perdu, parfois le temps d’une journée. Des journées dans lesquelles le devoir-être occupe une place bien trop importante. Le bien et le mal sont des notions trop imprécises que pour pouvoir définir une chose aussi essentielle qu’est l’être. Une énigme dont la clé se trouve en chacun de nous. 

LE BIEN-ÊTRE ÇA NE S’EXPLIQUE PAS, ÇA SE VIT.

G. Joffroy

Bibliographie

Dictionnaire Le Nouveau Petit Robert 2008, édition leRobert. 

BEDARD Luc, DEZIEL Josée, LAMARCHE Luc. Introduction à la psychologie sociale. 4e édition. Montréal (Québec) : Pearson, 2017, 560 pages.